Protection
Les pièces que personne ne photographie
Personne n’exhibe un porte-fusible. Ce sont pourtant les pièces qui décident si un défaut est un désagrément ou un incendie, et ce sont les pièces que la plupart des annonces décrivent le moins.
Par Jean-Benoit Buisson
La moitié de l’installation qui n’est jamais sur la photo
Une installation électrique, ce sont une batterie, un panneau et un onduleur sur l’image, et des fusibles, des disjoncteurs, des presse-étoupes et du câble partout ailleurs.
La seconde moitié est ce qui décide de ce qui se passe le pire jour.
1. La protection côté continu
Tout conducteur qui quitte une batterie a besoin d’une protection aussi près de la batterie que possible en pratique. La batterie est la source ; rien en amont ne sauvera le câble.
Des fusibles à lame jusqu’à une trentaine d’ampères. Des fusibles à visser au-dessus, parce qu’un contact à lame est l’endroit où va la chaleur. Et un disjoncteur donné pour le continu sur une chaîne solaire, là où l’on veut un sectionnement en plus d’une protection.
La valeur à exiger est la tension. Un fusible à lame est conventionnellement un composant 32 V, et une seule annonce de toute la famille publie cette valeur.
2. Le câble
Dimensionné par le courant, pas par ce qui entre dans la borne. Et de section constante sur toute sa longueur — une section plus étroite au milieu d’une ligne porte le même courant que le reste et ne montre rien en surface.
Pour le solaire, la désignation est le raccourci : H1Z2Z2-K selon EN 50618 est spécifié pour les ultraviolets et la température que rencontre une ligne extérieure, et du câble souple ordinaire au même endroit vieillit autrement.
3. Là où le câble traverse quelque chose
Un presse-étoupe. Les parois de coffret ont des arêtes vives, et un câble qui repose sur l’une d’elles bouge au vent jusqu’à ne plus bouger du tout.
Un IP68 plutôt qu’un IP67 si la boîte est au niveau du sol ou tournée vers le haut. Et vérifiez que le lot contient son contre-écrou — un presse-étoupe qui en est dépourvu ne peut pas être monté sur un simple trou.
4. Les raccordements
Des embouts pour le fil souple dans les borniers à vis ou à ressort. Un bout nu torsadé se desserre, s’écarte, et finit à moitié dans l’étrier.
L’outil compte plus que les embouts. L’autoréglage dimensionne le sertissage ; le cliquet l’achève. Les meilleurs outils ont les deux, et trois seulement de ce catalogue nomment un cliquet.
5. Ce qu’aucune annonce de ce catalogue ne publie
Une force de sertissage, sur aucun outil. Une charge de vent, sur aucune fixation. Un énoncé sur le comportement électrostatique, sur aucun jerrican.
Ces lacunes ne sont pas le jugement de ce site sur les produits. C’est ce que les vendeurs ont choisi de ne pas imprimer, consigné sur chaque fiche pour que la question puisse leur être posée directement.