Secours électrique
Garder la lumière
Le secours électrique existe en quatre tailles, et elles répondent à quatre questions différentes. Se tromper de taille coûte bien plus cher que se tromper de marque à l’intérieur d’une taille.
Par Jean-Benoit Buisson
Quatre tailles, quatre questions
Un onduleur informatique répond à : mon ordinateur survivra-t-il à un clignotement ?
Une station électrique répond à : puis-je faire tourner un réfrigérateur et recharger des téléphones pendant une soirée ?
Le stockage domestique répond à : puis-je employer ce soir le solaire de cet après-midi ?
Un groupe répond à : puis-je tenir trois jours ?
Ce ne sont pas des versions améliorées les unes des autres. Acheter un groupe pour un clignotement de deux secondes est aussi faux qu’acheter un onduleur informatique pour une coupure de trois jours.
1. L’alimentation sans interruption
La valeur qui compte est le temps de basculement, en millisecondes. Tout le reste — capacité, puissance, nombre de prises — passe après la question de savoir si la machine en aval s’aperçoit du changement.
L’autonomie d’un onduleur informatique se compte en minutes, délibérément. Il existe pour sauver un travail et éteindre proprement, pas pour continuer à travailler.
2. La station électrique portable
Des wattheures, pas des watts. La puissance de sortie dit ce qu’elle peut faire tourner ; la capacité dit pendant combien de temps, et ce sont deux plafonds distincts.
Puis la chimie et la durée de vie en cycles, qui décident si elle sert encore dans cinq ans. Et l’entrée de charge, qui décide si elle se remplit pendant le déjeuner ou pendant la nuit.
3. Le stockage domestique
Une autre proposition : non pas du secours, mais un décalage dans le temps. Stocker ce que les panneaux ont fait à midi pour s’en servir à dix-neuf heures.
La capacité utile face à la nominale est la valeur à trouver, et les deux peuvent différer d’un cinquième. La consommation de veille est la seconde — une unité qui consomme au repos dépense une part de ce qu’elle a stocké.
4. Le groupe électrogène
La seule option qui tourne indéfiniment, et la seule qu’il faut nourrir, entretenir et mettre quelque part où l’échappement soit sans danger.
La puissance assignée, pas la maximale — la première est ce qu’il tient, la seconde ce qu’il produit brièvement. Dimensionner sur la maximale est la façon dont un groupe se retrouve surchargé dès le premier jour.
5. Le carburant
C’est pourquoi il figure sur cette liste.
Un groupe sans réserve est un groupe qui fonctionne jusqu’à la fermeture des stations. Quatre-vingts litres font une réserve réaliste sur plusieurs jours, et un bidon homologué ONU est la distinction qui a du sens — cela veut dire que l’objet a subi des essais de chute et de pression pour cet usage.
Sur tous les jerricans de ce catalogue, pas un ne traite de l’électricité statique. C’est le danger propre au remplissage d’un récipient plastique avec de l’essence, et les règles pour le faire en sûreté viennent du distributeur de carburant, pas d’une fiche produit.