Électricité embarquée
Électrifier un fourgon aménagé
Une installation électrique de fourgon se construit depuis la batterie vers l’extérieur, et chaque pièce qui suit se dimensionne sur un nombre que la batterie ne publie pas. Voici la chaîne, dans l’ordre.
Par Jean-Benoit Buisson
Tout se dimensionne sur la batterie
Pas sur sa capacité — sur son courant maximal. Cette valeur décide du câble, du fusible, de la barre de répartition et du coupe-circuit, et c’est le nombre qu’une annonce de batterie a le moins de chances de publier clairement.
Trouvez-le d’abord.
1. La batterie
La capacité en ampères-heures, la chimie, et le courant de décharge continu maximal.
Pour le lithium, un de plus : le seuil de coupure de la charge à basse température. Charger une cellule lithium sous zéro l’abîme définitivement, et une batterie qui refuse se protège. Toutes les annonces ne disent pas si elle le fait.
2. Le chargeur DC-DC
Entre la batterie du véhicule et la batterie de servitude, toujours. Il prend ce que l’alternateur produit et en fait un profil de charge convenable.
Dimensionné par le courant de charge, et contraint par ce que le câblage du véhicule acceptera de porter. Un chargeur de 40 A sur un câblage existant trop fin est un chargeur de 40 A dans un circuit plus petit.
3. La barre de répartition
L’endroit où tout se rejoint. Le positif sur l’une, le négatif sur l’autre, et chaque consommateur et chaque source y arrivent au lieu d’empiler six cosses à œil sur un plot de batterie.
Dimensionnée par le courant total, et c’est la taille du goujon qui décide des cosses qui s’y montent. Le cuivre conduit mieux que le laiton, ce qui à fort courant cesse d’être une question d’école.
4. Le coupe-circuit
Un interrupteur qui tue toute l’installation. Pour l’entretien, pour le remisage, pour le jour où quelque chose tourne mal.
Dimensionné par le courant continu, avec une valeur de pointe à côté — et les deux sont des nombres différents. Un interrupteur publié avec un seul des deux vous laisse deviner lequel il voulait dire.
5. L’onduleur
Seulement si le secteur est réellement nécessaire. Tout ce qu’un fourgon emploie réellement tourne en douze volts, et chaque conversion perd quelque chose.
Sinus pur ou pseudo-sinusoïdal est la première question, et la consommation à vide est la seconde — un onduleur laissé en marche tire son courant de veille en permanence, que quelque chose soit branché ou non.
6. Le contrôleur
Un shunt, pas un voltmètre. La tension vous dit à peu près où en est une batterie ; un shunt compte ce qui est réellement entré et sorti.
Sur une batterie lithium, où la tension est presque plate sur l’essentiel de la décharge, un voltmètre ne sert pratiquement à rien et un shunt est la seule réponse honnête.
Ce à quoi ce guide revient sans cesse
Le câble et les fusibles. Chaque étape ci-dessus réclame les deux, dimensionnés au courant de cette étape, et rien dans une installation électrique de fourgon ne lâche aussi silencieusement qu’un conducteur sous-dimensionné.